lundi 31 juillet 2017

Aix 2017 : Don Giovanni




Pour ce Don Giovanni aixois, Jean-François Sivadier propose comme d'habitude son approche "théâtre de tréteaux" : ça s'agite énormément, c'est très vivant et pas désagréable à regarder ; on est assez proche parfois dans l'esprit et dans la forme du Molière de Mnouchkine, mais très loin de Brook (dans ce même théâtre de l'Archevêché il y a déjà presque vingt ans), dont le dépouillement scénique et la direction d'acteurs tendue et précise aboutissaient à un résultat beaucoup plus saisissant, une très grande leçon de théâtre (il faisait par exemple vivre les récitatifs d'une façon inouïe, alors qu'hier, ils restaient bien mornes). 





J'avoue avoir du mal à saisir ce que Sivadier veut faire du personnage de Don Giovanni : il a dans cette mise en scène un côté christique, avec une sorte de Messie de la libération sexuelle, un peu comme dans Hair, "laissez entrer le soleil", et le physique diaphane, botticellien, de Philippe Sly se prête bien à cette vision, mais c'est quand même affadir beaucoup le personnage. Sly reste transparent, pas très charismatique, la voix manque d'ampleur, d'intensité, de noirceur, et on a vraiment du mal à croire à un chef de bande ou à un gourou aussi falot. C'est aussi apparemment un très bon danseur, il se livre à quelques jolies acrobaties, mais ça reste très léger sur la composition du personnage... 

Leporello, Masetto et Ottavio ne sont pas mal, mais l'Elvira d'Isabel Leonard est très insuffisante, malgré un impact physique impressionnant (elle est vraiment super-belle) : on entend un beau timbre de mezzo, mais la chanteuse a beaucoup de mal à maîtriser une tessiture qui la dépasse ; l'Anna de Eleonora Buratto est passable, mais la voix a un côté acide parfois gênant ; la Zerlina de Julie Fuchs est insipide, vocalement et dramatiquement, c'est maniéré et assez conventionnel. 





Jérémie Rohrer loupe complètement l'ouverture, mais je dois dire que par la suite, c'est beaucoup mieux et sa direction m'a bien plu. Une soirée pas désagréable donc, mais un Don Giovanni qui ne restera pas bien longtemps dans les mémoires, en tout cas pas dans la mienne...








Quelques heures avant la dernière...

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