mardi 10 octobre 2017

Le Mozart de Juan Diego Florez




C'est un CD exceptionnel que nous offre Juan Diego Florez avec ce Mozart paru chez Sony, un de ceux qui compteront certainement dans le discographie mozartienne. On y retrouve la virtuosité et l'expressivité héritées du répertoire belcantiste dont Florez est un des meilleurs interprètes, avec cette précision et cette flamboyance dans la vocalisation, cette science du legato, ce timbre limpide (à mon avis le "plus" qui fait que Florez surpasse Rockwell Blake dans Mozart) et ces aigus qui claquent et scintillent (écoutez la fin de l'air d'Idomeneo), mais le chanteur maîtrise aussi parfaitement le style mozartien et ce qu'il fait est d'une grande beauté (on sent que Florez a beaucoup travaillé ces airs et il en donne une interprétation fine et personnelle, mais toujours en situation ; je pense par exemple à l'air de concert K.431, magnifique de musicalité et d'incarnation).

Pour percevoir la qualité particulière de ce récital, il suffit d'écouter les deux airs de Don Ottavio pendant lesquels plus d'un spectateur a tendance à piquer du nez dans bien des représentations et qui sont ici intenses et passionnés, sans une seconde d'ennui pour l'auditeur. L'orchestre La Scintilla dirigé par Riccardo Minasi est étonnant de brio, d'aisance et de légèreté, contribuant à la parfaite réussite de ce CD que l'on recommande vivement.

Quand on l'entend si à l'aise dans ce répertoire, on ne peut que regretter que Florez ne le chante pas davantage sur scène, et que ses projets immédiats l'entraînent sur des chemins bien différents et sans doute pas toujours très heureux : Hoffmann, Des Grieux (Massenet), Pollione (et là, on peut être plus que dubitatif)...






1 commentaire:

  1. Arte vient de diffusion une émission consacrée à JDF et Mozart. Un goût de trop peu (moins d'une heure, et des bouts d'interview à ce sujet entre les morceaux) mais c'était effectivement très beau.
    Rien que son Moi Tesoro donne l'envie de le voir sur scène en Ottavio .
    A noter que sur la pochette il a de faux airs de Werther (enfin tel que je me l'imagine en pensant au texte de Goethe).
    micaela

    RépondreSupprimer